À la suite de la chute des prix des matières premières ayant induit une forte contraction des investissements publics, le rythme de croissance de l’économie gabonaise s’est ralenti, partant de 5,6 % en 2013 à 4,3 en 2014 puis 4,1 % en 2015. Aussi bien en 2014 qu’en 2015, la croissance a été tirée par les services. Les cours mondiaux du pétrole ont chuté, après avoir été pendant trois ans, supérieurs en moyenne à 100 dollars le baril, faisant ainsi subir un choc à l’économie.

Un retour à 100 dollars le baril n’est pas prévu à moyen terme en raison des changements structurels sous-jacents au niveau de l’offre ainsi qu’à une faible demande mondiale des plus gros importateurs, tels que la Chine (Graphique 1).

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Les données disponibles à fin juin 2015 révèlent une forte contraction de l’activité dans les Bâtiments et travaux publics (BTP) et des secteurs connexes qui a été atténuée en partie par une production pétrolière plus élevée qu’anticipée. Ces évolutions permettent d’estimer qu’en 2015, la croissance du PIB a continué à décliner bien qu’à un rythme plus lent par rapport à l’année précédente. Elle passerait de 4,3 % en 2014 à 4,1 % en 2014 suite à la croissance négative du secteur des BTP provoquée par la réduction et la mise en place tardive du budget 2015 qui a été révisé pour tenir compte du contexte de la baisse du prix de baril de pétrole.

À fin juin 2015, le secteur des BTP a enregistré une contraction de 10 % de sa production qui a entraîné le déclin des activités connexes. La production de l’industrie du bois a également enregistré une baisse de 4,3 %, résultant principalement de la baisse de la demande des partenaires commerciaux du Gabon.

La croissance négative dans les BTP a été en partie compensée par une meilleure production que prévue des industries extractives et l’expansion des services. Les productions de pétrole et de manganèse ont enregistré respectivement une augmentation de 6,6 et 19 % à la fin du premier semestre 2015. La production du commerce a pour sa part augmenté de 6 % et, tirant profit de l’amélioration des activités minières, le transport ferroviaire a enregistré une forte hausse du volume global de marchandises transportées de l’ordre de 20 %

En 2014, le ralentissement de la croissance économique faisait suite à quatre années d’une forte croissance atteignant en moyenne 6,1 % par an. Les cours mondiaux élevés du pétrole et une meilleure mobilisation des recettes hors pétroles avaient permis de financer le développement des projets de travaux publics depuis 2010, dans le cadre de la mise en œuvre du plan développement du Gabon, le « Plan Stratégique Gabon Émergent » (PSGE).

Suite à la diminution des recettes, du fait principalement de la baisse des prix et de la production de pétrole, l’État a réduit les dépenses publiques de 26,7 % du PIB en 2013 à 23,6 % en 2014. Toutefois, les « traitements et salaires » et les dépenses de biens et services ont augmenté au dépens de l’investissement public qui a fait les frais de la compression des dépenses publiques et ont été réduites de moitié par rapport au niveau initialement prévu et de 35 % par rapport à leur niveau de 2013, freinant ainsi la croissance. Les premières estimations de la croissance de 2014 avoisinaient les 6 % et la diminution des investissements publics a entraîné une perte de 2 points de pourcentage de croissance

La structure de l’économie gabonaise en 2014 (Graphique 2), révèle une forte domination des services qui représentent 57,8 % du PIB réel, suivis par l’industrie pétrolière (20,6 %), les autres industries (15,4 %) et l’agriculture (6,3 %). Cependant, les services demeurent indirectement dépendants du secteur pétrolier à travers la demande de l’Etat.

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Bien qu’en légère baisse, le secteur des services est resté le principal moteur de croissance en 2014, avec une contribution de 3,5 points de pourcentage (Graphique 3).

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La branche télécommunications qui a enregistré une hausse de 11 % du nombre d’abonnés au téléphone mobile à la suite de l’amélioration du réseau, a aussi fortement contribué à maintenir la croissance des services tout comme les services de transport, dont la production s’est accrue de 8,3 % à fin décembre 2014, suite à l’arrivée de deux nouvelles compagnies, Tropical Air Gabon et Allied Limited. Dans le même secteur, les services aux entreprises ont continué à bénéficier de la demande croissante en services de conseil en management, comptabilité et audit. La contribution du secteur aurait pu être plus importante si l’activité de transport ferroviaire n’avait pas été perturbée par des problèmes techniques qui ont donné lieu à une baisse de 6,5 % du fret transporté par l’opérateur ferroviaire national, SETRAG.

Dans le secteur minier, avec une production de près de quatre millions de tonnes en 2013 et 2014, le Gabon compte parmi les plus gros producteurs et exportateurs mondiaux de manganèse. En 2014, la production de manganèse a diminué de 3 % (Graphique 6), par rapport à 2013, après qu’un incident technique ait limité le trafic du fret ferroviaire sur la voie du Transgabonais, le seul moyen par lequel le minerai peut être acheminé à Libreville aux fins d’exportation. La production d’or en 2014 a également subi une baisse en raison des cours mondiaux bas.

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L’industrie pétrolière pour sa part, a contribué à hauteur de 0,6 point de pourcentage à la croissance du PIB en 2014, malgré la chute des prix au cours du deuxième semestre de l’année. La production pétrolière est en baisse depuis 2010 (Graphique 5) du fait de l’arrivée à maturité des principaux gisements pétroliers ; et, d’autre part, à la perturbation enregistrée en décembre 2014 après la grève organisée par le syndicat national des employés du secteur pétrolier (ONEP).

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(Des informations complémentaires sur le secteur pétrolier du Gabon sont disponibles dans l’Encadré 1).

 

La contribution des industries non extractives et du bois (industrie manufacturière, construction, électricité, eau, et raffinage) essentiellement tournées vers le marché national et donc limitées par la taille de l’économie, s’est considérablement réduite suite à la faible performance des industries minières et de la baisse d’activité dans le secteur des BTP en relation avec la diminution des investissements de l’État et du secteur privé.

À l’inverse, la production de l’industrie de transformation du bois a enregistré une hausse de 10,9 % en 2014 du fait d’un meilleur approvisionnement en grumes des usines et la production agroindustrielle a connu une augmentation de 17,2 % à la suite de la réhabilitation et la modernisation de la chaîne de production de la brasserie nationale SOBRAGA. La production d’énergie a également augmenté de 4,6 % après le lancement des activités de la centrale thermique d’Alenakiri (au sud de Libreville) et du barrage électrique Grand Poubara (à l’est du Gabon) qui ont permis au titulaire de la concession nationale de services publics (SEEG) de mieux faire face à la demande croissante d’énergie des clients ménagers et industriels.

Dans le secteur agricole, la production de denrées alimentaires et légumes a connu une augmentation de 7 % en 2014, principalement du fait de la forte demande des restaurants et hôtels. Globalement, le secteur agricole a accru sa contribution au PIB après le lancement du plan d’urgence pour la sécurité alimentaire axé sur la promotion des produits agro-pastoraux (manioc, banane, riz, légumes, volaille et porc), et des programmes de développement des exploitations de fruits. Malgré cela, le secteur demeure sous-développé et son potentiel limité par les infrastructures et goulets d’étranglements en matière de logistique et un accès difficile au crédit. Ainsi, le Gabon demeure en grande partie dépendant des importations de denrées alimentaires de base telles que le blé et le riz.

Gabon Economie : Croissance – ralentissement
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