Le président de la Cour constitutionnelle, Marie Madeleine Mbourantsuo a souhaité jeudi 29 janvier 2015, lors de l’audience solennelle de la rentrée de l’institution que les prochaines élections politiques présidentielles et législatives de 2016 ne souffrent d’aucuns contentieux, appelant notamment au renforcement de la biométrie par la fiabilisation, entre autres,du fichier d'état civil et aux respect des règles.

« Le rêve d’une Cour Constitutionnelle serait certainement une élection sans contentieux. Parce qu’une élection sans contentieux , est une élection pour laquelle chacune des institutions concernées s’ est pleinement impliquée dans le processus électoral et a donc rempli scrupuleusement, dans le respect du droit , les missions à elle dévolues », a déclaré Mme Mborantsuo dans son discours d’ouverture de l’audience solennelle de la rentrée de l’institution qu’elle dirige.

En présence présence du président de la République, Ali Bongo Ondimba, du gouvernement, des autres institution constitutionnelles, des membres du corps diplomatique entre autres, le président de la Cour a souhaité l’« honnêteté » et « le respect de règles électorales » pour que les électeurs se sentent « pleinement confortés dans l’exercice de leur droit de suffrage. »

« Un juge constitutionnel qui n’a pas à intervenir dans le contentieux électoral, c’est peut-être le meilleur indicateur d’une démocratie apaisée et respectueuse de l’Etat de droit, mais encore et surtout de la maturité d’esprits des acteurs », a-t-elle clamé.

Faisant œuvre de pédagogie, Marie Madeleine Mbourantsuo a rappelé le contexte historique du retour au multipartisme, l’évolution des instruments qui fondent l’Etat de droit démocratique conformément aux articles 2 et 5 de la Constitution, indiquant que seul l’Etat de droit démocratique est gage de paix et de sécurité.

Elle a aussi appelé son auditoire à « bien comprendre que l’énonciation du principe d’Etat de droit ou de démocratie , fut-elle poussée par une démarche volontariste, ne signifie pas, loin s’en faut, sa réalisation ».

L’Etat de droit, dont le chemin est particulièrement exigeant est, selon elle, le fruit de l’implication de toutes les institutions, de tous les acteurs politiques et de tous les citoyens, Mme Mbourantsu a, par ailleurs, indiqué que, en matière électorale, « le Gabon dispose d’un cadre législatif parmi les plus contraignants au monde : enveloppe accolées pour le bulletin choisi et ceux non choisis, composition paritaire majorité/opposition des membres du bureau de vote, remise du procès verbal de l’élection immédiatement après dépouillement au représentant de chaque candidat etc. », même si au yeux de certains acteurs politiques, ce n’est jamais suffisant, ni satisfaisant.

Pour elle, « il ne faut pas oublier ou feindre d’ignorer » que « participer à la compétition électorale c’est d’abord et avant tout la présence sur le terrain des acteurs politiques, la nécessité de se faire connaître, de développer des programmes cohérents et constructifs pour la nation, de convaincre l’opinion mais aussi l’électeur sur sa capacité à répondre à ses attentes, de s’organiser sur les plans humains, matériels et financiers, et de se préparer à accepter les résultats issus des urnes, surtout lorsqu’ils ne sont pas ceux attendus.» 

Depuis le retour au multipartisme en 1990, les acteurs politiques notamment ceux de l’opposition contestent toujours les résultats des urnes et les jugements de la Cour constitutionnelle.

Ayant l’expérience des périodes électorales particulièrement tumultueuses, la Cour constitutionnelle, comme il est désormais de tradition a donc renvoyé les pouvoirs publics, les acteurs politiques et tous les citoyens face à leurs responsabilités.

Marie-Madeleine Mborantsuo pour des élections sans contestations
Marie-Madeleine Mborantsuo pour des élections sans contestations
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